larousse.jpgLarousse vient aujourd'hui de lancer son encyclopédie en ligne, avec évidemment Wikipédia dans le collimateur.

L'encyclopédie sépare les articles en deux catégories : les 150 000 articles issus de Larousse (en orange sur le site) et les contributions (en violet). Tout utilisateur pourra contribuer à l'encyclopédie, comme Wikipédia, mais chaque contributeur sera responsable de son article : personne à part lui ne pourra le modifier.

Son atout ? Sa fiabilité.

Nous, nous confrontons des points de vue d’experts. C’est mieux que d’avoir une succession de points de vue participatifs. Chez nous, c’est plus juste que chez Wikipedia. (Line Karoubi, directrice adjointe chez larousse, interviewée par France 2)

Bon, très bien. Mais Larousse démarre avec un sérieux handicap : l'utilisabilité de son site est très médiocre.

L'adresse Internet

En tapant "encyclopédie larousse" sur Google, on découvre que l'url du site est www.encyclopedie-larousse.fr. Très bien, parfait, bien qu'un peu long à écrire. Mais une fois sur le site, on est redirigé vers une adresse totalement imbuvable : http://www.larousse.fr/LaroussePortail/encyclo/XHTML/EUL.Online/explorer.aspx. Et on commence tout de suite à noter un grave problème...

La navigation

Après avoir navigué un peu dans le site, on s'aperçoit que l'adresse imbuvable précédemment citée ne change pas. Catastrophe. Les articles sont chargés dans une pseudo-frame, ce qui provoque un tas de graves désagréments.

  • référencement dans les moteurs de recherche : pour juger de la pertinence d'un résultat, Google est très sensible à la présence de mots clés dans l'url. Ainsi si vous tapez Clint Eastwood sur Google, l'article de Wikipédia le concernant arrive en 3e position. Pourquoi ? Son url est de la forme http://fr.wikipedia.org/wiki/Clint_Eastwood. Chaque article de Wikipédia est donc extrêmement bien référencé grâce à la présence du titre des articles dans leur url. Ce n'est pas le cas de Larousse, puisque son adresse ne change jamais...
  • lier des articles : il est fréquent sur mon blog que je fasse un lien vers un article de Wikipédia pour illustrer mes propos. Evidemment, c'est impossible avec Larousse. L'encyclopédie se coupe là d'un potentiel énorme de visites (je ne parle évidemment pas des seules visites en provenance de mon modeste site ;) )
  • l'accessibilité : un important critère d'accessibilité[1] est la possibilité de naviguer dans un site en utilisant la touche Tabulation. Normalement, cette touche permet de sélectionner un par un tous les liens d'une page web. Normalement... Mais ce n'est pas le cas pour l'encyclopédie de Larousse. Seuls le lien vers la page d'accueil et les liens externes sont ainsi navigables. Pourquoi ? Tous les liens internes à l'encyclopédie sont de faux liens bâtis en javascript. En réalité, le site est essentiellement bâti en javascript. Désactivez le, et vous n'irez pas plus loin que la page destinée à rediriger l'adresse encyclopedie-larousse.fr vers l'adresse imbuvable. Un immense mauvais point pour l'accessibilité.
  • lenteur d'accès : j'ai trouvé la réactivité des pages très faiblarde. Que tout soit bâti en javascript n'est certainement pas étranger au problème. Mais l'affluence du premier jour y est peut être également pour quelque chose...

Ceci n'est qu'un rapide tour d'horizon du service. Je ne mentionne d'ailleurs que de flagrants mauvais points qui m'ont donné envie de réagir. Mais il existe aussi quelques bons points, comme les possibilités de noter et de commenter les articles. Je n'ai pas non plus poussé la curiosité jusqu'à créer un compte et tenter de proposer un article. Il faut dire que les problèmes cités plus haut ne m'ont guère donnés envie d'aller plus loin.

J'espère sincèrement que Larousse effectuera une refonte du site Internet de son encyclopédie, sous peine d'être totalement inexistant sur le web. Ce qui serait extrêmement dommage, car Internet, comme tout secteur d'activité, a besoin de concurrence.

Notes

[1] accessibilité du web : problématique de l'accès aux services et contenus en ligne pour les handicapés et les seniors.