Le téléchargement est vraiment la meilleure chose qui ait pu arriver à la culture musicale. Faut-il le rappeler, la musique ne se limite pas au top 50. Elle existe, très probablement, depuis que l'Homme existe. Malheureusement, à l'époque, on ne savait pas l'écrire, et donc la transmettre. Mais nous avons des centaines d'années de productions musicales dans nos archives, de Mozart à Lorie, en passant par Chet Atkins. Hein ? Chet qui ? C'est qui celui là ? Chet Atkins est un guitariste country mort en 2001. Un virtuose. Et moi, figurez-vous que je n'avais jamais entendu parler de lui avant aujourd'hui (et je ne suis certainement pas le seul...).
Chet Atkins, mark Knofler... et Benny Hill
Pourquoi aujourd'hui ? Si vous regardez la TV de temps en temps, vous aurez peut-être remarqué une publicité pour le DVD de Benny Hill. Quand ça passait à la télé (sur la 3 avant le journal, si mes souvenirs sont bons), je n'en manquais pas un épisode. J'étais fan, aussi bien de l'humour débile que du générique gai et entrainant. En voyant cette publicité, je m'en suis rappelé : j'ai ouvert xMule et j'ai recherché "Benny Hill" dans les fichiers audio. C'est là que j'ai découvert que ce morceau, de Chet Atkins, s'intitulait en réalité "Yakety Axe". Evidemment, j'aurais pu arriver au même résultat avec une petite recherche sur Google. Mais ce que je n'aurais jamais pu découvrir, ce sont toutes les versions de ce morceau : Chet Atkins et Mark Knofler, Coasters, Boots Randolph, Ray Stevens, Max Greger, ... Que des versions différentes, et toutes plus merveilleuses les unes que les autres.
En passant par Queen et New York, New York
Vous pensez qu'il est possible d'arriver au même résultat en passant par le circuit classique du modèle économique musical actuel ? Certainement pas, ou alors très difficilement ! Tenez, un autre exemple. Il y a quelque temps, en regardant Highlander, j'ai entendu un passage de Queen chantant "New York, New york". Mais ce morceau n'est pas sur "Kind of Magic", le CD contenant normalement toutes les chansons de Queen relatives à ce film. Je me suis donc aventuré sur mon logiciel de téléchargement, et j'ai trouvé ce que je cherchais, ainsi qu'un bonus : une version démo de "New York, New York" qui, j'en suis persuadé, n'a jamais abouti sur aucun CD de Queen...
Avec le P2P, nous avons accès à quasiment l'ensemble de la production musicale mondiale depuis les origines ! Comment pourrait-on revenir en arrière ? Impossible. C'est un progrès phénoménal pour la diffusion culturelle musicale. A-t-on jamais vu l'Humanité renoncer à un progrès ? Je ne crois pas.
L'arrêt de mort de la profession ?
Et je suis persuadé que le téléchargement ne signe en rien l'arrêt du métier de musicien, n'en déplaise à monsieur Johnny Halliday. Il est évident qu'il permet la diffusion d'artistes inconnus car inexistants sur les ondes ou à la TV. Et grâce au bouche à oreilles en résultant, ces artistes ont plus de monde à leurs concerts, en font plus et vendent leurs CD, à la sortie des concerts, à plus de monde. Les seuls qui perdront un peu d'argent dans l'affaire, ce sont ceux qui vendent déjà des millions d'albums, car oui, il est possible qu'ils en vendent un peu moins. Mais quel pourcentage représentent-ils, parmi tous les artistes tentant péniblement de vivre de leur métier ? Eh oui, M. Halliday : votre métier, ce n'est pas uniquement vous et vos quelques amis jet-setters dont la vie orne les Voici, Gala et autres tabloïdes.
Comme je l'ai dit plus haut, plus la musique d'un artiste est diffusée et plus il y aura de monde à ses concerts. Et qu'est-ce que c'est, réellement, le métier de musicien ? Réaliser des enregistrements dans des studios, passer à la TV et vendre des CD ? Ou parcourir le monde, monter sur scène et faire vibrer le public ? C'est ça, le métier de musicien, de troubadour ! Et c'est comme ça, à mon avis, qu'un musicien doit vivre. C'est en tout cas des concerts qu'il devrait tirer son revenu principal.
Aristocrates contre troubadours
En fait, le téléchargement, c'est une sorte de mesure sociale. Il pénalise un peu l'aristocratie musicale et favorise l'écrasante majorité des troubadours modernes. Malheureusement, quand les médias interrogent les artistes pour leur demander leur avis sur la chose, à qui s'adressent-ils ? Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai dans l'idée que la noblesse française du 18e siècle n'était pas favorable à la révolution républicaine... Messieurs les journalistes, messieurs les politiciens, ce n'est pas à ceux qui profitent exagérément du modèle économique musical qu'il faut demander s'il est bon de le remettre en question !
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