Depuis quelques jours, la page d’accueil personnalisée de Google propose une nouveauté : les gadgets 100% féminins1 . En tout, 7 gadgets dont les thèmes sont :
- les tendances mode de Vogue.com,
- l’actu people avec Closer,
- l’horoscope de Plurielles,
- les recettes originales de Elle à Table,
- les Femmes du Monde de Titouan Lamazou avec Geo.fr,
- les conseils beauté du Journal des Femmes,
- ou encore le site Infobébés pour les futures mamans.
On croirait Femme Actuelle n’est-ce pas ?Â
Je ne sais trop quoi penser de tout cela. C’est vrai, on trouve plus de femmes intéressées par ces sujets que d’hommes. Mais quelles sont les parts de l’inné et de l’acquis ? Est-ce que ces sujets intéressent les femmes parce qu’elles sont femmes, ou parce que la société les pousser à s’y intéresser ? Pour répondre à cette question, il faudrait réaliser des expériences. Par exemple, couper du monde des garçons et filles dès leur plus bas âge, les éduquer d’une manière totalement identique tout en les préservant de toutes références culturelles pouvant les influencer, et voir au final quels sont leurs centres d’intérêt… Ce serait éthiquement discutable, mais surtout difficilement réalisable : pas de films, pas de livres, pas de musique dont ils pourraient comprendre les paroles, une éducation de l’Histoire tronquée, sans aucune indication pouvant les aiguiller sur le destin des hommes et des femmes les ayant précédés. Bref, rien qui puisse leur permettre de reproduire les schémas de notre civilisation.
Tout cela pour dire qu’il est très difficile de savoir si les hommes sont faits pour aimer les sciences, la politique et les jeux de guerre. Ni si les femmes sont biologiquement programmées pour être passionnées par l’horoscope, la mode et la cuisine. Après tout, nous connaissons tous des exceptions (c’est peut-être nous, d’ailleurs). Je vois d’un mauvais oeil la multiplication de ces magazines féminins ou masculins, qui enferment les uns comme les autres dans des centres d’intérêts spécifiques à leur genre en leur expliquant ce qu’ils doivent être2 . Car les plus influençables d’entre nous s’adaptent aux sujets qu’on leur propose (ou impose). Combien de millions de personnes, tous les jours, refusent de s’écouter pour ne pas aller à l’opposé de ce que notre culture leur demande ?
J’avais déjà eu ce type de réaction il y a quelques mois en apprenant la création d’un navigateur web nommé Black Bird3 destiné aux Afro-américains et personnalisé pour eux avec notamment :
- un google modifié pour présenter en priorité des « black sites »,
- des marques-pages par défaut listant des sites afro-américains,
- des informations qui défilent pour « voir l’actualité qui vous touche »,
- etc.
Il faut dire qu’aux USA, la notion de communauté est beaucoup plus forte que chez nous : j’en parlais en novembre dernier dans l’article « Racisme, la France est-elle en retard ? » Cela étant dit, pour un pays comme le nôtre dont la devise est « Liberté, Egalité, Fraternité », la notion même de communauté est quasiment anti-républicaine. Vous allez probablement dire que je m’écarte du sujet, que je ne peux pas comparer ainsi les différences ethniques et les différences sexuelles. Je n’en suis pas sûr. Le navigateur Black Bird et la page personnalisée 100% féminin de Google partent certainement tous deux d’une bonne intention. Mais ils ont également, à mon avis, la même conséquence néfaste : participer à l’enfermement d’une certaine catégorie de personnes dans un certain schéma de pensée.
Notes :
- http://www.google.fr/intl/fr/landing/igfemmes/index.html [↩]
- vous savez, un peu comme « the good wife’s guide » : http://www.j-walk.com/other/goodwife/index.htm [↩]
- http://www.blackbirdhome.com [↩]



Tu remarqueras qu’à un certain age (relativement bas), les petits garçons jouent à la poupée comme les petites filles. Et quand ils grandissent, ils se différencient car on leur a mis dans le crâne que la poupée c’était pour les filles et que les voitures, c’est pour les garçons…
Exact, je jouais aux barbies avec ma soeur
Aahahahaaa !!! La teuhon !!
Je suis fier de mon ouverture d’esprit !
Tu parles d’une ouverture d’esprit ! Rien n’a changé !
Il m’est arrivé également de jouer, entre autres jeux, aux barbies avec une voisine.
Aujourd’hui nous jouons toujours aux barbies… d’une autre façon…
Je me demandais s’il existait un « féminin » à l’expression « garçon manqué » … En attendant, et pour commencer, on peut se poser une ou deux questions :
Sur le plan physiologique, peut-on considérer les enfants comme « asexués » et cela jusqu’à la (pré)puberté ?
Sur le plan psychologique, notre « garçon manqué » serait-il tout simplement le produit d’une socialisation masculine ?
A la première question, il me semble que bon nombre de psys pourraient y répondre. Quant à la seconde, qui s’adresse peut-être un peu plus aux sociologues, étudier la socialisation via le comportement des parents des « garçons manqués » y répondrait sans doute un peu, non ?!
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Gérard, grand curieux et fier de l’être
A priori, je dirais simplement « fille manquée ». Ou, avec une touche d’humour, un « lolito » !
C’est vrai que c’est un trait de caractère qui semble moins répandu.
Pour ce qui est du caractère « asexué » des enfants, je ne pense pas, car tous jeunes ils apprennent à connaitre leur corps et à faire la différence entre un garçon et une fille.
Après, concernant la probable socialisation masculine des garçons manqués, comme je ne connais personne dans ce cas, j’aurais bien du mal à donner un avis basé sur du concret.
Si quelqu’un passant par là en sait plus sur le sujet, ce serait sympa de nous donner votre avis. Je suis également curieux d’en savoir plus à ce sujet