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Hôpitaux : le scandale des biberons usagés

biberon-materniteEn ces temps d’économie et d’écologie, les hôpitaux ne sont pas particulièrement exemplaires. Je vais évoquer un problème bien particulier, mais j’ai peur qu’il ne s’applique à tous les domaines hospitaliers. Vous n’êtes probablement pas sans savoir que des bébés naissent tous les jours dans les maternités. Ces derniers restent parfois plusieurs jours, et, bien évidemment, sont nourris. Certaines femmes donnent le sein, mais ce n’est pas le cas de toutes. La maternité a donc en permanence un stock de biberons de lait de 90 millilitres. Or les nourrissons ne boivent pas la même quantité en fonction de leur âge (ça se compte en jours). Résultat, l’immense majorité du lait contenu dans ces biberons est jeté, gaspillé.

Bon, pour commencer, il me semble que les maternités pourraient demander à leurs fournisseurs (des sociétés spécialisées travaillant exclusivement pour elles) de prévoir des contenances plus adaptées, afin d’éviter un tel gaspillage du produit. Cela se répercuterait probablement sur le prix final, mais comme elles commanderaient essentiellement des faibles contenances, elles devraient s’y retrouver.

Cependant le réel problème ne vient pas du contenu, mais du contenant. Car le lait n’est pas seul à être jeté, le biberon, en verre ou en plastique, l’est également. Le fait qu’il soit jeté est déjà un réel gaspillage. Pour remédier à cela, on pourrait imaginer un stockage initial dans des conditionnement de plus grandes quantités : à charge ensuite au personnel de remplir des biberons en verre réutilisables. Mais cela prend du temps, et ce temps, il est possible qu’il ne l’ait pas (même si je pense qu’il pourrait en préparer à l’avance pendant les moments creux). Non le véritable scandale dans cette histoire, c’est que tous ces biberons ne sont pas recyclés !  Ils sont jetés à la poubelle, avec le reste. Imaginez le stock de verre ainsi gaspillé chaque jour.

Le seul argument logique que l’on pourrait m’opposer contre la réutilisation des biberons est le problème de la contamination bactérienne. Malheureusement, l’argument est irrecevable : il suffit de les placer dans l’eau bouillante ou dans un four à 130°C1 pour stériliser tout récipient en verre.

Les pouvoirs publics demandent aux particuliers de faire le tri sélectif de leurs déchets. C’est bien, très bien même. Mais les grandes institutions publiques, très consommatrices de papier en général, de verre et de plastique dans le cas cité, ne montrent pas l’exemple. Et ça, c’est véritablement scandaleux.

Notes :

  1. Comment stériliser des bocaux ou tous autres flacons de verre ? []

Un commentaire pour : « Hôpitaux : le scandale des biberons usagés »

  • Jérémie, le 28 mai 2009 à 21:54

    c’est hélas trop vrai, nous en avons été les témoins… Mais je vais pousser le débat un peu plus loin : le vrai problème, vient du fait qu’en France, on n’est pas trop « pro » allaitement. Dommage, puisque non seulement l’allaitement est la meilleure alimentation possible pour un nourrisson, qu’une mère produit ce dont un enfant a besoin, a une température idéale, et dans un contenu parfaitement adapté à cet usage. L’allaitement, est la meilleures solution pour éviter ce gaspillage. Je vois venir les détracteurs, qui diront que toutes les femmes ne peuvent pas allaiter, mais -hormis sûrement quelques cas médicaux- ce n’est que foutaise et bourrage de crâne. Alors certes, un enfant allaiter grossi un peu moins vite les premiers jours, mais c’est bien vite rattrapé par la suite, mais non il faut que les puéricultrices débarquent avec leur lait synthétique dans les biberons de 90ml, en faisant peur aux parents, en leur racontant que si l’enfant ne grossit pas très vite il faudra l’hospitalisé. Alors la, la mère désemparée,  se laisse avoir, et commence la ronde des biberons, nuisant bien entendu à la lactation ensuite. Alors pourquoi ne pas former le personnel médical (car c’est là le problème), comme dans d’autre pays d’Europe (comme l’Allemagne) et encourager les mères d’allaiter leurs enfants. Quoi de plus beau ? Quoi de plus sain ? Évidement, laissons aussi la liberté aux femmes qui le souhaitent de ne pas allaiter, mais ne décourageons pas celles pour qui c’est important.

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  • « les maternités pourraient demander à leurs fournisseurs (des sociétés spécialisées travaillant exclusivement pour elles) de prévoir des contenances plus adaptées »
    Comment prévoir ce que va boire un nouveau-né à chaque fois ?

    « on pourrait imaginer un stockage initial dans des conditionnement de plus grandes quantités »
    Oui et on imposerait aux bactéries de rester uniquement dans ce stockage initial.

    « Non le véritable scandale dans cette histoire, c’est que tous ces biberons ne sont pas recyclés ! »
    Il n’y aura jamais un seul hôpital « Ã©cologique » pour la simple et bonne raison que les soins dispensés aux patients nécessitent des éléments à usage unique, principalement pour réduire le risque infectieux.

    Sans être pessimiste, les biberons sont une goutte d’eau dans un océan de déchets hospitaliers.
    Nan, le vrai geste écologique serait de laisser crever tous les malades. Ainsi peu de déchets et un peu d’engrais ! :D

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  • @Jérémie : Il y a surtout un blocage du côté des parents, notamment des mères. L’allaitement suppose que seule la mère puisse nourrir l’enfant. Or les femmes sont plus indépendantes, elles travaillent, et l’homme doit également pouvoir le nourrir. Or, dis moi si je me trompe, mais il semble que les enfants ayant gouté au biberon refusent ensuite le sein, ou ont plus de mal à s’en nourrir, car le biberon est beaucoup plus facile à téter.
    En tout cas, c’est clair que l’allaitement reste ce qu’il y a de mieux pour le bébé.

    @Biodam : Pour tes deux premières réponses, je vais demander un avis d’expert :D Mais le problème du gaspillage du lait n’est pas le plus important. C’est surtout le biberon à usage unique. Oui je me doute bien que le problème infectieux est ce qui est mis en avant, mais la stérilisation n’est pas un mythe, à ce qui me semble. Des protocoles pourraient être mis en place en ce sens non ?

    C’est clair que les biberons ne sont qu’une partie négligeable des déchets non recyclés produits quotidiennement par les hôpitaux. Ce n’est pas être pessimiste que de l’affirmer ;-)

    Evidemment il reste la possibilité de laisser crever les malades et les bébés non allaités, mais serment d’hypocrate, tout ça… Au fait le personnel médical fait-il aussi le serment de polluer ? ;-)

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  • @Jérémie : je me demande aussi si le fait que vous ayez eu des jumeaux ne change pas la donne. Allaiter deux bébés, c’est plus fatigant. D’où probablement l’encouragement du personnel à utiliser le biberon. D’autant que le poids des jumeaux est en général plus faible que la normale.
    Après, tout dépend de l’établissement et du personnel sur lequel tu tombes. D’après mon expert maison, le personnel est très respectueux du choix de la mère.

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  • Jérémie, le 29 mai 2009 à 12:02

    Alors pour te répondre, le fait de nourrir son enfant au lait maternelle n’entraine pas forcément que seule la mère nourrisse l’enfant. En effet, elle peut tirer son lait et laisser le père donner le biberon. Idem pour les femmes qui travaille, elle peuvent tirer leur lait (qui se garde, se congèle) et leur donner sur la journée suivante. Bref, c’est une organisation, mais c’est tout à fait possible. Pour ce qui est du passage biberon > sein, des fabricants (Avent pour ne citer que lui) ont fabriqués des tétines spéciale qui sont « plus dure » à utiliser pour l’enfant, le forçant à téter vigoureusement pour avoir son lait. Ainsi, le côté mixte est atténuée. 

    Pour ce qui est des jumeaux, c’est certes un peu plus fastidieux (comme l’élevage de mouton) mais c’est tout de même possible. Une mère produit le lait nécessaire si elle a des jumeaux, le corps humain est bien fait ! De plus, une chance, une femme bien portante à deux seins, et c’est donc possible de nourrir 2 enfants. En même temps pour les plus courageuse, l’un après l’autre sinon.

    Pour revenir au personnel, je ne veux pas faire une généralité, mais sur la dizaine de personne qu’on a pu voir défiler dans notre chambre, une grande majorité ne faisait rien pour nous encourager dans ce sens, bien au contraire. Et ça, c’est dommage.

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  • Tapamilastiko, le 2 juin 2009 à 01:01

    D’accord avec Biodam, jeter les bébés seraient nettement plus écologique ! ^^

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  • Auxiliaire-puer, le 25 septembre 2010 à 18:00

    Travaillant en biberonnerie hospitalière pour un grand service de néonat,je confectionne seringues entérales et diverses préparations nécessitant des reconstitutions avec risques à tout moment de contamination et même lors de la fabrication d’un simple biberon.Comme un nouveau-né , en plus s’il est hospitalisé ,est très fragile ,il est normal de prendre toutes les précautions nécessaires à ce que ce petit ne soit pas victime d’un grave problème digestif à cause d’un biberon mal stérilisé, d’un lait contaminé car il y a toujours un risque de contamination par le personnel ou bien que la chaîne du froid n’a pas été respectée.Le choix du jetable est aussi, toujours mal perçu par le personnel hospitalier mais reste une sécurité avant tout.Les biberons tout prêts, dit nourrette, sont là pour la sécurité alimentaire.Il est sur que allaité est le mieux quand BB le peut et j’engage toute maman à le faire car c’est un moment unique qui ne dure hélas pas longtemps.Mon seul regret, c’est que le tri sélectif n’existe pas dans mon hôpital car il coûte trop cher et j’ai toujours du mal à jeter alors que je tri chez moi.

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