ce singe vous regarde
3commentaires

Le marché de la musique est-il en crise ?

En janvier dernier, le magazine Que Choisir a publié un article1 très éclairant sur le marché de la musique. Comme l’article est assez long, voici un résumé des principaux chiffres :

  • de 2000 à 2005, la SACEM est passée de 600 millions d’euros collectés à 750 millions. Depuis 2005, les revenus se sont stabilités sur cette dernière somme.
  • la vente des CD a décliné de 20% en 2008, mais elle est loin de représenter la principale source de revenus des artistes : ils gagnent plus d’argent avec les concerts et les diffusions publiques (radio, télé, boite de nuit…).
  • Seuls 5% d’artistes gagnent vraiment de l’argent avec la vente des CD. Le problème des 95% restant est donc de se faire connaitre, pas d’éviter de se faire pirater.
  • Les principaux perdants de la baisse des ventes du CD sont les maisons de disques : 19,6% du prix va à l’Etat, 21% au distributeur, 50% à la maison de disques. Le reste, soit environ 9%, est partagé entre l’artiste principal, les auteurs, les compositeurs… (quand les maisons de disques ne soustraient pas de ces 9% le coût d’enregistrement, de promotion et de réalisation des clips)
  • A la radio, moins de 3 % des titres diffusés occupent les trois quarts du temps d’antenne musicale.
  • en 2008, l’album le plus vendu aux USA était « Ghost I-IV » de Nine Inch Nails, alors que les 9 premiers morceaux de l’album étaient disponibles en téléchargement gratuit sur le site de l’artiste.
  • Concernant le prix des CD : en 1987, la TVA sur les disques est passée de 33,6% à 19,6%. Or le prix du CD n’a baissé à l’époque que de 8%, soit 14% de bénéfices en plus.
  • Les frais de fonctionnement de la SACEM engloutissaient 23,4% des sommes collectées en 2005, contre 10% dans les autres pays développés.

Conclusion : le véritable bénéficiaire de la vente des CD n’est pas l’artiste mais le système (SACEM, maisons de disques). Ce sont eux qui subissent la “crise” du téléchargement, ainsi que les quelques rares artistes vendant des millions d’albums. Le problème de l’écrasante majorité des artistes est de se faire connaitre pour remplir les salles de concert. Or les circuits traditionnels de promotions ne jouent plus leur rôle, se concentrant sur une tranche très fine d’artistes, pour la plupart déjà très connus. Le téléchargement gratuit s’avère un bien meilleur moyen de diffusion pour les artistes, d’autant que cette méthode repose sur le partage entre particuliers : il ne coûte donc quasiment rien en terme de promotion (si ce n’est, au pire, la création d’un site Internet).

Bref, tout cela n’est pas nouveau, j’en parlais déjà en janvier 2006 dans mon article : le téléchargement, c’est bon, mangez en. Mais il est utile de se rafraichir la mémoire en cette période Hadopienne.

Notes :

  1. l’article du magazine Que Choisir (trouvé via Tristan Nitot) []

A lire également :

3 commentaires pour : « Le marché de la musique est-il en crise ? »

  • Encore une fois, cette loi est à côté de la plaque. Comment peut-on forcer des gens qui n’ont plus de lecteurs de CD à acheter des CD?

    RépondreReply to this comment

  • Sans oublier que le système de répartition de la Sacem est assez space. En gros, plus tu vends de disques, plus tu touches une grosse part de ce que doit distribuer la Sacem. Bref, même si on n’entend que toi à la radio ou dans les boutiques, tant pis, si tu vends pas de disques, tu ne touches rien. Principe aussi appelé “Faire bouffer Johnny sur le dos des artistes sans disques”.

    RépondreReply to this comment

  • @Delphine Dumont : Ah je ne savais pas ça. Cela dit c’est assez compliqué de rémunérer les artistes sur les diffusions radio, commerce. Bref décidement, la Sacem  ne sert à rien.

    @Cl_r : Cette loi est à côté de la plaque, c’est certain. Mais pour ce qui est des lecteurs CD… Il suffit d’avoir un PC !

    RépondreReply to this comment

Laisser un commentaire pour : « Le marché de la musique est-il en crise ? »

Connexion avec Facebook

Votre email ne sera jamais communiqué. * champs requis