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Le SMS présidentiel : moralité, liberté de la presse…

Je me marre. Je me marre en lisant, en écoutant ces journalistes qui s’étonnent et regrettent que l’attaque du Chef de l’Etat contre le Nouvel Obs. soit une plainte au pénal plutôt qu’au civil. Pour « faux et usage de faux et recel » plutôt que pour « atteinte à la vie privée ». Mais bon sang, pour qu’il y ait atteinte à la vie privée, il aurait fallu que ce SMS soit une réalité. Qu’il soit vrai ou non, la plainte au pénal est donc la meilleure manière de nier et d’enterrer cette affaire nauséabonde…

Les journalistes sont-ils des « charognards », pour citer Rama Yade ? Non. Les charognards n’ont pas le choix. C’est leur mode de vie, ils ne savent pas chasser. les charognards se nourrissent de cadavres, des proies déjà mortes. Ils font un super boulot de nettoyage, et au final, ils vivent sans tuer. C’est plutôt un compliment non, charognard ? De toute façon, Sarkozy est peut être blessé, mais il est encore loin d’être mort… Les journalistes ne sont donc pas des charognards, car ils ont le choix de l’information qu’ils traitent.

Ce que je publie, est-ce vraiment une information ? Est-ce basé sur des faits avérés ? Quel impact sa révélation aura-t-elle ? Est-ce moral d’en parler ? Ces questions, le journaliste du Nouvel Obs. a semble-t-il oublié de se les poser. C’est tellement facile de diffuser une information non vérifiée. Et tellement dangereux. Le même journaliste pourra toujours publier un démenti la semaine suivante, une bonne partie des gens continuera à croire l’information de départ. Il se sera dédouané, mais le mal sera fait. Et puis, même si c’est vrai et vérifié, fallait-il en parler ? Le journaliste va se défendre sur ce point : ce n’est pas à moi de déterminer si l’information doit ou non être publiée, mon boulot est de diffuser les informations qui me sont communiquées. Mais bien sûr ! La liberté de la presse est un droit, pas un devoir. La presse n’a aucun devoir, au nom de la liberté, de publier toutes les informations qui lui tombent dans le bec. Par contre, elle a le droit de le faire : personne ne l’y oblige, mais personne ne lui interdira ! Chacun est confronté au choix face à un droit : dois-je ou non l’exercer ? Le journaliste devrait se poser plus souvent la question…

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