Louer un réacteur nucléaire flottant, c’est possible, certes. Mais à condition d’attendre quelques années et d’être remarquablement riche, ou d’être un pays. Le premier modèle est en cours de construction dans les chantiers navals russes. Le principe est simple, il suffit de construire une barge d’acier d’une centaine de mètres de long et d’y installer deux réacteurs compacts, du type de ceux qu’on trouve dans les sous-marins. Aucune révolution technique, il suffisait d’avoir l’idée et le besoin. L’idée, elle vient d’un américain, dans les années 70, mais la Russie est le premier pays à l’appliquer. Il faut dire qu’elle en avait un réel besoin : le pays est grand, très grand, et sa partie orientale est plutôt mal desservie.
A terme, l’ambition est de louer ces barges nucléaires à des pays en voie de développement (à condition qu’ils aient une frontière maritime, évidemment). Il s’agit donc de les faire profiter de l’énergie nucléaire sans leur en donner la technologie. Résultat : pas de prolifération. A priori, une bonne idée donc.
Seulement, il y a le problème de la sécurité. Si la Russie vante la robustesse de ces réacteurs, une centrale nucléaire reste une cible privilégiée pour les terroristes. Il est donc nécessaire de la surveiller, de la protéger. Or, la protection des barges nucléaires ne sera pas assurée par la Russie, mais par les pays loueurs. Ces derniers prendront-ils les mesures nécessaires ? La Russie exigera-t-elle des garanties à ce sujet ? L’Agence Internationale de l’Energie Atomique aura-t-elle son mot à dire ? Espérons le.








