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Mediapart et l’affaire Woerth : le journalisme comme je l’aime


Vous n’êtes pas sans savoir que M. et Mme Woerth sont depuis plusieurs jours au plein coeur d’une « affaire » concernant une certaine utilisation des soussous de Mme Liliane Bettencourt. Ce qui a lancé cette polémique, c’est la publication par Mediapart des fameuses écoutes téléphoniques… Depuis, le site d’information en ligne apporte régulièrement de nouveaux éléments sur cette histoire, comme le financement du parti politique local de M. Woerth ou les accusations de l’ex-comptable des Bettencourt.

En clair, Mediapart fait exactement ce qu’on attend de la part de journalistes. Un vrai travail d’investigation avec des articles de fond qui apportent des informations exclusives à fortes valeurs ajoutées. Et surtout, une réelle indépendance financière1 qui lui permet de ne pas céder aux pressions, en amont comme en aval. Et des pressions, il y en a très certainement. Il suffit de voir les réactions de l’UMP. Pour Xavier Bertrand, patron du parti, Mediapart a des « méthodes fascistes ». Des méthodes des « années 30″ pour Christian Estrosi, de l’ »hitléro-trotskisme » pour Nadine Morano… Bref, que des mots gentils avec des points Godwin à distribuer, vous bousculez pas merci, y en aura pour tout le monde.

Que peut-on reprocher à Mediapart ? De faire son travail et de publier des faits ?

Maintenant, c’est à la police et à la justice de reprendre le dossier, en toute indépendance. Or, ce n’est justement pas le cas. A ce sujet, Edwy Plenel, président de Mediapart, explique2 :

C’est le point de vue du tribunal de Nanterre dont la présidente, Isabelle Prévost-Desprez, s’est proposée pour mener cette instruction indépendance (…). Or c’est ce qui est obstinément refusé par le pouvoir (…). La seule enquête menée actuellement est donc fortement discutable : le seul chef de cette «enquête préliminaire», qui impose à loisir ses consignes aux policiers enquêteurs, n’est autre que le procureur de Nanterre, lequel procureur de la République est, d’une part, connu pour ses liens de proximité avec l’Elysée et, d’autre part, juge et partie puisque mentionné dans les enregistrements clandestins par l’entourage de Liliane Bettencourt comme l’un de leurs alliés potentiels.

Voilà qui explique peut-être l’acharnement de Mediapart à publier quotidiennement des informations sur cette affaire. Je dois vous l’avouer, avoir tous les jours 2/3 articles à ce sujet sur la page d’accueil du site, ça commence à me fatiguer. Mais j’imagine qu’ils continueront ainsi jusqu’à ce que l’enquête officielle soit effectuée dans de véritables conditions d’indépendance. Histoire que leur travail de longue haleine ne finisse pas simplement au fond du tiroir d’un procureur désireux de plaire à son ami et de protéger ses intérêts.

Bref, je n’irai pas plus loin sur cette affaire, elle ne m’intéresse pas particulièrement. Je veux juste, par cet article, exprimer mon contentement face à ce journalisme de qualité, avec de vrais morceaux d’enquêtes et d’indépendance dedans. Comme je l’expliquais dans un précédent article, ces qualités vont de paire avec le modèle économique choisi3 par Médiapart, et auquel j’ai choisi d’adhérer puisque je suis abonné depuis un peu plus d’un mois maintenant (pile poil au bon moment donc).

Notes :

  1. comme vous pouvez le lire là : http://www.mediapart.fr/contenu/a-qui-appartient-le-capital-de-mediapart-comment-est-organisee-votre-societe []
  2. lire si vous êtes abonné : http://www.mediapart.fr/journal/france/080710/sarkozy-contre-mediapart-l-information-comme-droit-du-citoyen []
  3. Mediapart est uniquement financé par les abonnements des internautes. Il n’affiche aucune publicité sur ces pages. []

Un commentaire pour : « Mediapart et l’affaire Woerth : le journalisme comme je l’aime »

  • a vous mediapart il est certain que vous n etes pas en odeur de saintete au niveau de la haute sphere de l etat et pourtant je suppose que la pression est reelle je vous apporte mon soutien et pourquoi pas un abonnement restez comme vous etes ……integre c est devenu tellement rare ..il faut simplement que tout ces decerebres evitent de croire que tous leurs est permis et qu une justice a deux vitesses soit normale pour eux seulement….. oui j en suis certaine vous devez faire partis de leurs cauchemards

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  • Un cas passionnant que cet Eric Woerth, qui donne aussi envie d’aller au-delà des seuls aspects médiatisés et de suivre les invitations à refaire de la sociologie des élites, car c’est là qu’on constate que ce type d’investigation approfondie manque cruellement (sur ce point, voir par exemple aussi http://yannickrumpala.wordpress.com/2010/08/17/eric-woerth-et-le-futur-de-la-sociologie-des-elites/ ).

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