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Rencontre avec Stephen Baxter : Utopiales 2009 (1/3)

utopiales2009

Je suis donc allé au festival des Utopiales 2009. Ayant gagné deux places grâce à un concours du journal Presse-Océan, j’y suis allé sur deux jours, le jeudi et le samedi.

Comme je le précisais dans mon vite-dit sur le sujet, j’ai surtout assisté à des rencontres et des débats. La première, que je vais relater ici, fut une rencontre avec Stephen Baxter, auteur de SF dont j’apprécie particulièrement l’œuvre. Dans les deux prochains articles :

  • débat sur le thème du Space Opera
  • rencontre avec les frères Bogdanoff

Première rencontre : Stephen Baxter

Baxter est un auteur anglais de Hard Science, c’est à dire un genre de Science-Fiction dans lequel les technologies décrites, les formes sociétales présentes dans l’histoire et les découvertes ou évolutions ne sont pas en contradiction avec l’état des connaissances scientifiques au moment où l’auteur écrit l’œuvre1. On lui doit notamment le très bon « Evolution », le cycle des « Univers Multiples » ou celui des « Xeelee »…

Voici quelques remarques et anecdotes à son sujet notées sur un bout de papier pendant l’interview :

La mise en situation

En bon écrivain, il essaye toujours de se mettre à la place de ses personnages et de vivre leurs situations. Si je me souviens bien, il nous a expliqué que, pour comprendre ce que pouvait ressentir la première femme à poser le pied sur Mars, il est allé dans son jardin et est monté sur une échelle pour la redescendre et mettre lui-même le pied… sur Mars.

Dans la même veine, en 1989, les Russes proposaient à un civil de voyager sur la Station Mir. Il a postulé mais n’a finalement pas été reçu car il n’aurait pu communiquer avec les cosmonautes et spationautes présents : comme tout anglais qui se respecte, il ne parle pas de langue étrangère, donc ni le russe, ni le français.

stephen-baxter-utopialesLa NASA vieillissante

Autre anecdote intéressante. En parlant de le NASA, il précise que, les locaux ayant été construits dans les années 60, l’architecture vieillotte laisse une curieuse impression passéiste pour un organisme censé représenter le futur. « On se croirait dans un vieux Ministère d’Europe de l’Est ». De là à penser que la NASA est un vestige agonisant de la Guerre Froide, il n’y a qu’un pas que je me permets de franchir avec tristesse.

Le besoin de SF

Pour lui, la Science-Fiction est nécessaire dans les grandes périodes de changements auxquels fait face l’humanité. Il explique que les débuts de la SF viennent peu après la découverte de l’Évolution Darwiniste. Cette idée que l’Homme descend du singe et est cousin avec toutes les espèces vivantes a été un profond bouleversement dans l’esprit des gens. La SF permet de répondre à ces changements en les extrapolant et en explorant leurs possibilités d’évolution.

Bibliothèque catholique

Un détail curieux et amusant. Dans l’école catholique qu’il fréquentait enfant, la bibliothèque comptait un rayon Science-Fiction dont il engloutissait les ouvrages à grande vitesse. Tellement vite, en vérité, qu’il a fini par être interdit de séjour dans celle-ci. Autre époque, autres mœurs, allez savoir le pourquoi du comment…

J’ai envie de terminer ce compte rendu par une phrase qu’il a prononcé en début d’interview : « Si on pouvait miner les astéroïdes, la Terre pourrait devenir un immense parc naturel« . Une solution d’avenir pour les problèmes écologiques ? Espérons seulement que cette évolution arrive avant que le « parc naturel » ne devienne une vaste étendue vidée de son essence.

Vous pouvez écouter l’intégralité de la rencontre sur le site actusf. Mais bien sûr, il parle en anglais ;-)

Notes :

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hard_science []

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