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Tests ADN : les Anglais vont encore plus loin

uk_passportEn France, Eric Besson a enterré la loi sur l’immigration qui permettait d’organiser des tests ADN dans le cadre du regroupement familial. Mais ce type de mesure existe déjà dans plusieurs pays, dont le Royaume Uni. De l’autre côté de la Manche, ils veulent aller encore plus loin. Un nouveau test ADN permettrait de déterminer l’exacte provenance des candidats à l’immigration.

Vous n’êtes pas sans savoir que les gènes des êtres humains diffèrent sur certains points en fonction de l’origine géographique. Ce sont ces différences qui font que, selon les régions du monde, les habitants ont la peau plus ou moins mates, les yeux plus ou moins fins, les cheveux plus ou moins clairs, etc.

Dans la première moitié du 20e siècle, soit à peu près dans les débuts du darwinisme1 et de la génétique2, de nombreux scientifiques ont cherché à classifier le genre humain en différents sous-ensembles. Les théories de l’évolution et de la sélection naturelle, la découverte de la génétique, la taxonomie humaine… tout cela a contribué au climat raciste ambiant de l’époque, et aux excès que l’on connait.

Par la suite, le terme de races humaines fut abandonné au profit des ethnies, suivant le postulat que la culture était un facteur d’appartenance à un groupe plus déterminant que l’homogénéité génétique3.

Ce que l’agence anglaise des frontières propose, ce n’est rien de moins qu’un terrible retour en arrière. D’ailleurs ce projet ne tient simplement pas la route, de l’avis de nombreux scientifiques. L’ADN est comme le nuage de Tchernobyl, il ne s’arrête pas aux frontières. Certes, ce test ferait la différence entre un Vietnamien et un Congolais, mais ça, on peut le faire à l’oeil nu. Or l’agence voudrait des résultats très précis comme, par exemple, dénicher les Kényans qui se font passer pour des Somaliens afin de bénéficier de l’asile politique. Le Kenya et la Somalie… Deux pays voisins, limitrophes, qui ont nécessairement connu, au fil des siècles, des échanges de population. En clair, si tant est qu’il soit possible de différencier génétiquement un Kényan et un Somalien, un test ADN ne permettrait l’immigration que des candidats de souche. « Comment, vous vivez en Somalie depuis deux générations ? Peu importe, vous n’avez pas les bons gènes, retournez chez vous. »

Et tant qu’à vérifier l’origine, pourquoi ne pas en profiter pour regarder s’il n’y a pas des tares génétiques par ci par là, histoire d’assainir la population. Je force le trait ? Bah, ils sont comme ça, dans la politique, on leur tend la main, ils nous prennent le bras. Il me semble sage de garder les mains bien enfoncées dans nos poches et d’éviter au maximum de mêler politique et ADN. Ils ne font pas bon ménage.

Sources :

http://sciences.blog.lemonde.fr/2009/09/29/la-grande-bretagne-les-migrants-et-ladn

http://www.guardian.co.uk/world/2009/sep/20/asylum-seeker-dna-tests

genos (« naissance », « race », « genre genos : « naissance », « race », « genre »»)

Notes :

  1. la théorie de l’évolution a été adoptée par la communauté scientifique dans les années 1870, la sélection naturelle quelques décennies plus tard []
  2. les lois sur la transmission de caractères héréditaires ont été énoncées par Gregor Mendel en 1865, mais n’ont été acceptées par la communauté scientifique qu’au tout début du 20e siècle. []
  3. Homogénéité génétique, c’est presque un pléonasme. Même racine grecque : genos (« naissance », « race », « genre ») []

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