Par souci de contextualisation, je précise que mes parents sont des restaurateurs à la retraite et que j’ai moi-même effectué plusieurs saisons pendant mes études en tant que serveur dans un hôtel-restaurant.
Au mois de juillet prochain, la TVA pour les restaurants va donc passer de 19,6% à 5,5%. D’aucuns parlent de cadeau fait aux restaurateurs, j’évoquerai plutôt la justice. Pour paraphraser notre cher Président, c’est tout de même incroyable qu’un même plat soit taxé à 5,5% en vente à emporter et à 19,6% en consommation sur place. Je ne sais pas au juste ce qui a pu motiver une telle différence, il y avait probablement une raison au départ. Mais un restaurant classique a des coûts fixes bien plus importants qu’un restaurant à emporter (le service, l’entretien des salles), quand ce dernier n’a qu’à acheter des emballages… Sans oublier qu’il a besoin une plus grande surface, donc des factures d’électricité et de chauffage supérieures, ainsi que les loyers et taxes foncières.
Bref, tous ces coûts supplémentaires sont nécessairement répercutés sur le tarif des consommations. A cela il faut ajouter la taxe à 19,6. Et on se demande ensuite pourquoi les services de restauration à emporter connaissent un tel succès ! Il n’est donc que justice que cette TVA soit alignée pour tous les services de restauration et ainsi que soit rétabli un minimum d’égalité concurrentielle.
L’embauche comme contrepartie ?
Fort logiquement, le gouvernement réclame des contreparties aux professionnels. La répercussion sur les prix, notamment sur certains produits phares, est une bonne chose. Mais il y a un engagement qui, à mon avis, n’est pas raisonnable. Il s’agit de l’embauche de nouveaux personnels. Pourquoi ? Il faut savoir qu’en général, un employé de la restauration gagne assez mal sa vie, pour un métier pourtant très prenant et fatigant. C’est pourquoi bien des gens se détournent de la profession. La priorité devrait donc être l’augmentation des salaires, et non pas la création de nouveaux emplois précaires.
Puisque je parle de restaurants, j’ai envie d’évoquer une anecdote. Il y a plusieurs années, je voyais un micro-trottoir (grrr !) à la télévision. Le journaliste demandait aux passants ce qu’ils feraient s’ils gagnaient un million de francs au loto. L’un d’entre eux a répondu : « j’acheterais un restaurant, pour être tranquille ». Cette remarque a bien évidemment fait bondir toute la famille. Gérer un restaurant, croyez-moi, c’est tout sauf être tranquille !



Bien joué jeune homme, bien parlé.
Mais malheureusement, je suis certaine que beaucoup de restaurateurs vont mettre la différence de la TVA dans leurs poches et n’en feront profiter ni le personnel, ni les clients.
On en reparlera dans quelques mois.
Comme toujours, les gens ont une morale à taux variable…
Quand bien même, ils se mettraient la différence dans la poche, ce ne serait pas un péché mortel. Comme le souligne justement Julien, tenir un restaurant, c’est tout sauf tranquille. C’est une prise de risques et une prise de tête permanentes. Que les restaurateurs aient de meilleures fins de mois, tant mieux pour eux, ce n’est pas moi qui les blamerais !
Julien, tu as raison aussi sur la stupidité de la demande d’embauche supplémentaire. Les restaurateurs peinent déjà à embaucher, augmenter le nombre d’offres sans toucher aux salaires ne résoudra rien. J’ai moi aussi travaillé un été dans un café-restaurant, je sais que c’est un métier exigeant et que les clients ne font guère d’efforts (juste dire « bonjour » ne tue personne). Donc, je suis d’accord à 3000% pour dire que, si possible, les gains dûs à la baisse de la TVA devraient bénéficier aux employés.
Et pour le citoyen lambda du micro-trottoir (grrr aussi !), s’il veut être tranquille avec son resto, je lui recommande d’ouvrir une gargotte au fin fond de la Lozère. A part quelques chasseurs et quelques touristes de temps à autres, ça devrait être calme.