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Vive le téléchargement légal !

Pour contrecarrer le piratage des Å“uvres cinématographiques et musicales, rien ne vaut le développement de l’offre légale, vous ne pensez pas ? « Sûr ! » vous allez me dire. Encore faudrait-il que cette offre soit légale ET honnête. Or, ce n’est visiblement pas le cas.

Vidéo à la demande : plus cher que le vidéo club du coin

La semaine dernière, il m’a pris l’envie de louer un film sur une plateforme de VOD (Vidéo à la Demande). Ceux qui viennent de demander « parce que tu ne l’as pas trouvé en streaming ? », je vais faire semblant de n’avoir rien entendu. La VOD, donc. Je me rends sur deux plateformes différentes : virginmega et la fnac. Sur les deux, ô miracle, ô entente cordiale et prix unique, le tarif est le même : 4,99€ pour une location de 48€. Bon. C’est un peu cher. Qui plus est, ma connexion étant relativement lente, le risque de ne l’avoir que le lendemain était trop grand. Je change donc mon fusil d’épaule et cherche un vidéo club dans mon patelin. Chance, il y en a un, à 5 min de chez moi (tout est à 5 min de chez moi ici). Bonjour monsieur, je voudrais voir tel film. Merci monsieur. Le lendemain, au moment de rendre le DVD, le verdict tombe : « Ã§a fera 3,40€ monsieur Appert ».

Oui, c’est seulement la seconde fois que le type me voit, mais comme il l’avait noté la veille, il m’appelle par mon nom. C’est con, mais on se sent tout de suite chez soi. C’est futé, un commerçant. Mais là n’est pas la question. 3,40€ bon sang ! Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi il est moins couteux d’aller dans une boutique pour louer un DVD physique ? Je parle bien d’une boutique hein, pas d’une bête borne automatique. Une boutique c’est un vendeur, un local, de l’électricité et du chauffage, plein de frais donc, pour un rayon d’action très limité… A côté de ça, le site de VOD, lui, loue des DVD dans la France entière. Et il peut louer le même film 20 000 fois la même soirée, ça ne l’empêchera pas de le relouer encore, puisqu’il n’y a aucun support physique. Alors pourquoi cette différence de prix ? Je ne me l’explique pas.

Musique et littérature numérique : où est l’économie ?

En attendant, si on regarde ailleurs, on découvre que c’est une réelle tendance. Vous voulez télécharger un album MP3 légalement ? Il vous en coûtera 0,99€ le morceau, soit une dizaine d’euros pour un album complet, le prix d’un CD classique. Sauf qu’ils ont économisé le coût de fabrication de la galette, et ils ne tomberont jamais en rupture de stock.

Pour les livres, même chose. Vous avez peut-être entendu parler du FnacBook, le livre numérique made by la Fnac ? Depuis le temps que je voulais tester un ebook, je me laisserais bien tenter, pour un coût modeste de 199€ (!). Mais allez donc faire un tour dans leur livrothèque. Prenons un polar par exemple. Au hasard, « Chasses à l’homme » de Christophe Guillaumot (vraiment au hasard, jamais entendu parler, il est bien ?). Le coût pour le livre papier : 8,46€. Pour le télécharger au format numérique : 7,46€. Franchement, avec 1€ d’économique par bouquin, on n’est pas prêt d’amortir le prix du ebook ! Une nuance, cependant, concernant le prix du livre. Il semblerait que l’Etat ne reconnaisse pas encore le statut de « livre » au livre numérique. Résultat ? La loi Lang ne s’applique pas, et la TVA passe de 5,5% à 19,6%, ce qui absorbe quasiment l’économie de fabrication.

Bref, conséquence de tout cela ? Télécharger légalement, que ce soit un film, un album ou un livre, s’avère être un luxe là alors que cela devrait, bien au contraire, faciliter l’accès à la culture pour tous, notamment grâce aux importantes économiques réalisées sur la fabrication et la diffusion. Et on se demande pourquoi les gens continuent à pirater… Oh, pendant que j’y suis, je vous recommande la lecture de cet article de Daniel Glazman. Il réagit à chaud aux propos de Pascal Nègre, à propos de la lutte contre le piratage. Instructif.

Un commentaire pour : « Vive le téléchargement légal ! »

  • On pourrait longuement disserter des vertues de la piraterie dans un monde où les plus malnonnêtes ne sont pas forcément ceux que l’on croit !

    Face à une offre qui se goinfre sous des manteaux de vertue, le Jolly Roger n’est pô près d’être abaissé !

    Par ailleurs, au mieux, ton gentil et cordial vendeur ne t’mmerdera pô alors que la plateforme va te bombarder de catalogues, d’ofrfre spéciale et d’infos hyper super importante à te donner le tourni… Et… c’est cher le marketing !

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  • Tout ça pour nourrir nos boites à spams.

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  • Ne méprisons pô les boites à Spam… Certaines sont très bien tenues… LOL

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  • J’ajouterais que je trouve dangereux cette course à la dématérialisation.
    L’homme a besoin d’objet, de concret…

    Le fait de rendre tout accessible en format dématérialisé rompt le lien symbolique qu’établit l’objet avec les artistes les auteurs…

    Enfin, en ce qui concerne littérature, musique et vidéo, tout est affaire de sensation : en ce qui me concerne, j’aime sentir le grain du papier sous mes doigts lorsque je tourne la page d’un livre, ou feuilleter le livret du CD que je suis entrain d’écouter…

    A donner des choses inconsistantes à nos enfants, on en fait des gens inconsistants

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  • C’est vrai qu’à tout dématérialiser on met de la distance partout. Un objet est nécessaire pour symboliser et s’y attacher.

    Après peut-être que l’objet numérique peut remplacer l’objet papier, ce n’est qu’un support finalement.
    Certes il peut contenir plusieurs Å“uvres, d’où un risque de confusion mais un recueil papier de nouvelles regroupe aussi plusieurs productions artistiques.

    Au final ce n’est peut-être qu’une affaire de goût.
    Pour ma part le papier me semble être une valeur sûre et j’espère qu’il le restera.

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  • Pour le livre, je pense qu’on aura du mal à remplacer la version papier, qui reste qd même tout aussi agréable que pratique. D’autant qu’il est assez rare de lire plusieurs bouquins en même temps, alors au final, un livre n’est pas plus encombrant qu’un ebook.

    Après, concernant la dématérialisation du DVD ou du CD… Pour moi la différence la plus notable, c’est qu’on n’a pas de médiathèque visuelle. C’est bcp moins agréable de parcourir un disque dur. Mais on va vite régler ça en projetant notre médiathèque holographique dans la pièce ! Bon peut-être pas vite. Mais ça pourrait bien venir d’ici quelques années/décennies.

    Imaginez. Vous êtes dans votre canapé, et vous prononcez à voix haute : « DVDthèque ! ». Hop, une projection holographique des jaquettes de tous vos DVD apparait, vous n’avez qu’à la faire défiler en bougeant la main de droite à gauche. Quand votre choix est fait, d’un simple geste, la sélection se fait et le film se lance sur votre téléviseur. Pour satisfaire Kompozitor, on peut même imaginer aller un peu plus loin en consultant le livret, toujours de cette manière.

    Je l’entends qui va me rétorquer : ouais, mais on pourra pas explorer la médiathèque à plusieurs. Certes ! Mais peut-être que si, avec un appareil (ou 2 ou 3, donc) de consultation physique au lieu d’holographique.

    Bref on peut avoir confiance en la technologie pour qu’elle continue à nous rendre de grands services. La dématérialisation permet toutes sortes d’applications, la seule limite est seule de notre imagination.

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  • @Kompozitor: Ce discours me rapelle un troubadour de mes amis qui ventait les mérites de la traditions orales et fustigeait les disque vinyls qui faisait disparaitre son gagne pain…

    J’aime le papier, j’aime les objets, mais je ne crois pô que la dématérialisation soit une mauvaise chose en terme de « consistance » !

    Quand à l’inconsistance des futures générations, c’est une antienne que nous entendons trop souvent (c’est à dire à chaque génération) pour qu’elle soit réaliste. Elle nous renvoi probablement à une forme de nostalgie de ce que nous aurions pu ou aimé être si seulement le temps n’étais pô vectoriellemnt et irrémédiablement tojours dans le même sens.

    Notre fieffé Oran-Outang ne dis pô « dématérialiser c’est mal », il dit « c’est trop cher et ya pô de raison »…

    Ne faisons pô dire à Brutus ce que César n’a pas pensé… toi aussi mon fils !

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  • @Julien Appert: ça existe, je l’ai vu dans Minority Report !

    PS : on me dit que peut être que c’est pô pour de vrai… j’ai du mal à le croire… On nous mentissionnerais ???

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